Frédéric Soulié – directeur de Someca : « sortons de nos zones de confort »

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interview Frédéric Soulié photo 1 ou 1 bis (prioritaire) : Frédéric Soulié, directeur de Someca
interview Frédéric Soulié photo 1 ou 1 bis (prioritaire) : Frédéric Soulié, directeur de Someca

Directeur de Someca, leader varois du granulats, et secrétaire général la fondation éponyme créée en 2012, Frédéric Soulié aspire à mettre sa pierre à l’édifice à l’économie circulaire, avec la vision d’un monde plus respectueux et plus respecté. 

Var entreprises : Didier Soulié, présentez-nous la Société Méridionale de Carrières (Someca) que vous dirigez

Frédéric Soulié : « Someca est une société créée en 1982 par Maurice Garrassin, transporteur routier, au titre de la diversification de ses activités. L’histoire commence dès les années 70 avec les droits de la carrière du Revest, puis, au fil des deux décennies suivantes, celles de Signes, de La Celle et La Motte, du Val et Brignoles (où le siège est installé), de Draguignan, sans oublier les dépôts de La Garde, Puget-sur-Argens, Grimaud. Sotem, actionnaire historique de Someca, a ouvert son capital en 2000 et a été rejoint par Colas et Cemex, contribuant à la pérennité du groupe. Nous exploitons et produisons quelque 3 millions de tonnes de granulats naturels, majoritairement calcaires, grâce au savoir-faire de 101 salariés, pour 45 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nos deux secteurs principaux sont les centrales à béton (40%) et les négociants de matériaux (32%), tandis que les besoins de centrales d’enrobés et de préfabriqués représentent deux fois 5%, le reste étant dédié aux chantiers de travaux publics ».

VE : Pourquoi avoir créé une fondation Someca ?

FS : « Nous avons voulu construire un cadre cohérent avec notre métier et notre vision, autour de deux volets : la biodiversité avec un président, Thierry Tatoni, chercheur au Cnrs et directeur de l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie Marine et Continentale, qui a demandé et obtenu des engagements forts de la part de Someca ; ainsi qu’un volet protection du patrimoine bâti rural. Nous agissons depuis 2012, plus particulièrement dans les communes où l’entreprise est présente. C’est une base de réflexions et d’actions aussi en matière d’économie circulaire. Notre démarche en ce sens est réfléchie, pour ne pas dire logique compte tenue de notre philosophie déjà éprouvée via la RSE. Il s’agit de s’emparer du sujet, d’être acteur de l’économie circulaire, vertueux, ne plus subir, bouger les lignes. Pour cela, nous avons créé avec la fondation une journée dédiée, de conférences, de débats, d’échanges partagés, en 2018 sur les déchets de chantiers, et en début d’automne dernier autour de témoignages exemplaires susceptibles d’ouvrir des voies, des vocations. J’ai envie d’aller plus loin encore, autour d’un cercle de qualité pour avancer plus vite, avec ambitions, ce qui n’est pas incompatible avec la réussite d’une société comme la nôtre. C’est un engagement fort. Je ne veux pas rester assis dans mon fauteuil et regarder le temps qui passe avec la planète qui se dégrade. J’ai aussi envie de faire partie du nouveau monde. Quand on a de l’énergie positive on entraine les gens autour de soi ».

De vrais acteurs du paysage

VE : Avez-vous à ce propos un message à passer au monde entrepreneurial ?

FS : « Sortons de nos zones de confort, allons sur des terrains qui peuvent paraître utopiques ! Il n’y a qu’à regarder ce que certains industriels sont capables de faire, à l’image du géant Michelin dont l’évolution est impressionnante, consistant à vendre l’usage plutôt que le produit, baissant l’impact sur l’environnement en même temps que les coûts globaux. Cela a fait partie des beaux exemples déclinés lors de notre deuxième journée de l’économie circulaire. Il est nécessaire de dépasser nos fondamentaux, de bousculer nos équipes, de se mobiliser pour changer nos habitudes qui détruisent la planète, ce qui ne veut pas dire faire n’importe quoi. Je suis un gestionnaire avant tout et je ne l’oublie pas. Travaillons sur nos socles forts sans s’interdire d’aller vers d’autres façons de faire. Les carrières représentent un petit secteur en France de 30 000 personnes, mais nous sommes de vrais acteurs du paysage, depuis toujours, avec un rôle essentiel de préservation de la ressource naturelle et de nos environnements. Sachant, en outre, que nous sommes aussi des créateurs d’emplois locaux… ».

Repères

  • Société Méridionale de Carrières (Someca) 
  • 5 carrières, 3 dépôts
  • Leader varois de granulats (3 millions de tonnes)
  • 101 salariés
  • 45 millions d’euros de chiffre d’affaires
  • Siège 485 Boulevard Bernard Long, 83171 Brignoles
  • 04 98 05 17 30