Interview de Yannick Chenevard – vice-président du Conseil Régional PACA

Interview de Yannick Chenevard – vice-président du Conseil Régional PACA

« Derrière les chiffres de l’Emploi, il y a l’humain »

Réélu conseiller régional en décembre dernier, le Toulonnais* Yannick Chenevard change de statut après 13 ans d’opposition républicaine en étant désormais dans la majorité présidée par Christian Estrosi. Nommé vice-président en charge de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’apprentissage, il se retrouve en première ligne de la nouvelle mandature dans une collectivité renforcée par la loi Notre.

Var entreprises : Pourquoi cette délégation à la Région alors que dans vos mandats toulonnais vous êtes spécialisé dans les transports, déplacements, réseaux ?

Yannick Chenevard : « J’ai eu envie de m’impliquer dans ce chantier prioritaire de la mandature de Christian Estrosi, qui m’a confié cette délégation de première importance. Notre région Provence Alpes Côte d’Azur représente 5 millions d’habitants, le 2e PIB de France, des zones d’excellence qui font référence, une multitude de talents… Il y a par conséquent un vrai challenge, une vraie bataille à mener, sachant que derrière les chiffres il y a l’humain. Cette voie m’intéresse, sur le large spectre de ma délégation, emploi, formation professionnelle et apprentissage, en lien direct avec le monde entrepreneurial.

Conscients que c’est ce dernier qui fait l’économie et l’emploi, nous avons notamment déployé un Fonds d’investissement pour les entreprises de la région de 93 millions d’euros (le FIER) avec un guichet unique facilitant les démarches, et lancé le Schéma de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) comprenant 11 thématiques phares ».

V.E : Quel est l’état des lieux sur le plan de l’emploi ?

Y.C : « Un taux de chômage de 12%, soit deux points de plus que la moyenne nationale, 25 000 emplois non pourvus ! Le diagnostic établi avant de lancer nos axes de travail fait état de cette anomalie. Il faut mettre en adéquation le besoin des entreprises, les formations, initiale ou continue en parcours de vie, et réorienter les gens, y compris vers des métiers qui émergent et dont on ne sait pas encore le nom parfois. C’est la raison pour laquelle le président Estrosi a signé début avril une convention avec Pôle emploi dont l’objectif est de mobiliser l’ensemble des énergies. Par l’intermédiaire de 400 conseillers dédiés à ces tâches, dorénavant l’entreprise qui dépose une recherche de poste doit être contactée dans les 48h par Pôle emploi qui s’engage à présenter dans les 10 jours des CV en rapport avec la demande.

Nous aurons des restitutions de cette nouvelle méthode et des bilans d’étape. Cette vigilance dans la mobilisation est indispensable. La politique que la Région entend mener dans le cadre de la dynamique économique, qui est désormais notre compétence, s’appuie inévitablement sur des entreprises qui naissent, croissent, créent des richesses et des emplois, à condition que la ressource humaine puisse correspondre ».

V.E : Quid de l’apprentissage, à propos duquel notre déficit semble culturel par rapport à des pays comme l’Allemagne ?

Y.C : « C’est effectivement un problème de culture quand nous plafonnons à 450 000 apprentis en France contre le triple en Allemagne, dont le chômage des jeunes est ridicule à comparer au nôtre. Ce n’est pas un hasard. Notre stratégie affirmée dans la région est d’atteindre 50 000 places d’apprentis à la fin du mandat contre 27 000 en décembre dernier. Nous avons déjà créé en quelques mois 1 851 places. L’apprentissage, c’est un état d’esprit, une relation particulière entre un chef d’entreprise, un maître d’apprentissage, un jeune et sa famille, un CFA. C’est aussi un cursus de formations jusqu’à Bac + 5, y compris à l’Université. C’est également une voie directe vers l’emploi en corrélation avec les demandes des entreprises. Globalement, il est nécessaire aujourd’hui que les formations aient une connexion réelle avec les besoins. Un euro investi d’argent public doit avoir un retour sur investissement et en la matière il s’agit de faciliter l’accès à l’emploi ».

* Yannick Chenevard est également adjoint à la ville de Toulon et vice-président de la Communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée