Figuière : un vin de famille signé Combard

C’est une belle histoire vigneronne que celle de Figuière et de la famille Combard. Débutée en Bourgogne, elle prend ses racines varoises il y a près de 35 ans, à La Londe, avec Alain et Gabrielle, et se perpétue avec la génération suivante, en l’occurrence François, Delphine et Magali.
L’aventure agricole de la famille Combard remonte au début des années 60 à la faveur de l’exploitation d’une ferme laitière pionnière au nord de Chablis, qui brassait des yaourts pour les livrer en pots à des crèmeries parisiennes. Des années de galère, 7 jours sur 7, pour Alain Combard, jusqu’à sa rencontre à la fin de la décennie avec le vigneron Michel Laroche. Leur association connaît la réussite en Bourgogne, auréolée d’une belle reconnaissance sous l’appellation réputée Chablis, durant 20 ans. En 1992, Alain et sa compagne Gabrielle, se rapprochent de la Provence dont ils sont originaires et acquièrent le Domaine Saint André de Figuière, à La Londe, pour lequel ils ont le coup de cœur. 18 hectares de vignes cultivés en bio et en précurseur par le propriétaire de l’époque, André Connesson, dont le savoir-faire était déjà identifié dans les guides de vins nationaux, comme Parker.
Fort de son expérience vigneronne, Alain fait ainsi le choix d’un terroir remarquable, ce qui est la base, achète cher et investit beaucoup, au risque d’un endettement conséquent, ce qui nécessite de vite monter en puissance de ventes. Il développe pour ce faire un petit négoce d’achat de raisins avec la cave coopérative de La Londe, augmente l’activité, le chiffre d’affaires, la crédibilité auprès des banques.
Donner du relief au rosé
A l’époque, l’image des vins de Provence n’est pas celle d’aujourd’hui, et encore moins celle du rosé, malgré l’avènement dès 1977 des AOC (Appellations d’origine contrôlée) et leur cahier des charges qualitatif. C’est encore le petit vin des vacances et des cigales. Alain Combard va contribuer, avec quelques-uns de ses confrères, à la réputation montante des Côtes de Provence et à la reconnaissance du rosé comme un vrai vin d’abord, comme le meilleur au monde ensuite, par la qualité, par l’amélioration des process, de la vigne à la cave. Il s’implique dans les instances aussi, comme le Centre de recherche du rosé de Vidauban, qu’il préside au milieu des années 2000, à la suite de ses initiateurs au sein de la Chambre d’Agriculture du Var, Claude Bonnet et Alain Baccino. Il est actif également, entre autres actions, dans l’obtention à La Londe de la dénomination de terroir délivrée par l’INAO, sorte de label premium local qui permet de mieux se différencier des autres bassins viticoles. Il est important pour tous ces vignerons de bien faire comprendre qu’il y a plusieurs rosés et de leur donner du relief, de la personnalité.
Diversification équilibrée
Alain Combard met un point d’honneur à faire conjointement des grands blancs. Quand on vient de Chablis, on a une réputation à défendre, et l’on retrouve ici, parmi les similitudes, l’aspect tendu et la fraîcheur. En outre, à La Londe et en Provence, il y a de très bons terroirs de rouge, y compris de garde, parfaitement mis en évidence chez Figuière. L’harmonie globale réside dans la diversification pour mieux en faire boire de toutes les couleurs, désormais 70% en rosé, produit phare (90% de la production des vins de Provence), et 15% chacun en blanc et rouge, sachant que plusieurs gammes sont proposées en AOC, ainsi qu’une offre négoce en IGP (Indication géographique Protégée). Pétillante de gourmandise, la bulle de Provence, méthode traditionnelle de champagne façon Provence, initiée par quelques domaines, dont Figuière, complète le large choix. Cet extra-brut délicat dénommé Atmosphère présente un fort potentiel encore inexploité. Quand la conjoncture devient moins favorable au rosé, comme actuellement, cet équilibre relatif est précieux. Même approche pour la stratégie commerciale, à savoir 30% sur les trois segments export/France/région Paca, et 10% de ventes au caveau.
Passion en partage
Une stratégie développée en famille, puisque François, à la direction d’exploitation, Delphine, à la direction administrative et Magali, à la direction commerciale, sont entrés tour à tour dans l’aventure depuis une trentaine d’années. Ils président de concert aux destinées de la « petite entreprise » qui a bien grandi et pris de la bouteille…, pour le moins.
Au gré de rachats de vignes et de domaines, à savoir Château Barbeiranne à Pignans en 2019 et Clos Fanny à Collobrières en 2022, également en bio, la « maison » Figuière compte 180 hectares plantés de vignes, emploie une quarantaine de personnes et produit 1,2 million de bouteilles dans des conditions de travail sans cesse améliorées, en matériels, équipements, locaux. De quoi asseoir son indépendance et sa marque. De quoi démultiplier ce goût initial du partage dont l’incarnation par les enfants dépasse l’atavisme. La passion, l’émotion, sont ici des sources communes d’inspiration. La suite dans les idées aussi, dans un esprit de modernité dès les prémices de l’œnotourisme, mais avec sa singularité.
De la qualité sinon rien
Le restaurant de Figuière, ouvert de Pâques à mi-septembre, joue pleinement les accords mets-vins au cœur du domaine, avec sa cuisine inventive et ses bons produits en circuits courts. Cela fleure bon la Provence partout autour, dans le jardin aromatique comme dans la bâtisse principale au sein de laquelle l’art s’expose en permanence, tandis que l’art vivant trouve son théâtre d’expression dédié à divers événements en lisière des proches vignes. Le lieu convivial accueille des séminaires d’entreprises, des petits mariages (jusqu’à 80 personnes), des conférences souvent pédagogiques sur l’écologie, le respect de la forêt et des éléments naturels, et bien évidemment des dégustations, ludiques, sensorielles, pour mieux comprendre et apprécier le vin, et par n’importe lequel, le Figuière !
En cuvées Signature, Première ou Confidentielle, le spectre de découverte est large, pour tous les goûts, la qualité érigée en credo. Sans oublier les parcours dans les vignes, à pied ou en VTT, sur plusieurs cheminements de 3,5 à 12 km, et les aires de pique-niques qui prolongent par l’authentique ce bon air de famille…




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