Var : Amir Reza-Tofighi en terrain de connaissance

Le président national de la CPME, Amir-Reza Tofighi, s’est rendu dernièrement au sein de l’Union Patronale du Var, à Toulon, à l’invitation de la présidente Véronique Maurel, afin de débattre avec les branches, fédérations professionnels et élus de l’UPV dans les territoires.
Nombre de branches et fédérations professionnelles varoises ont répondu favorablement, comme souvent ces dernières années, à l’appel de l’Union Patronale du Var et de sa présidente, Véronique Maurel, à venir débattre, cette fois-ci avec le président national de la CPME, Amir-Reza Tofighi. Les deux leaders syndicaux se connaissent bien et s’apprécient, Véronique Maurel, également présidente de la CPME83 et membre du Comex de la Confédération aux côtés d’Amir-Reza Tofighi, lui ayant apporté son soutien lors de son élection, sortant du rang dans un Sud qui ne lui était pas acquis, pour le moins. Ses convictions n’étant pas sous l’influence de variations saisonnières, ni géographiques, mais avant tout conduites par les valeurs partagées.
Celles du président (les convictions comme les valeurs) sont toujours intéressantes à (re)découvrir, quelques mois après sa venue remarquée et appréciée à Var UP, le grand salon varois de l’entreprise, fin septembre 2025. Ravi de pouvoir échanger sur le terrain de façon conviviale, tout en écoutant les priorités de chacun, Amir Reza-Tofighi a apprécié l’engagement des femmes et des hommes présents, indispensable pour porter les priorités et la voix des entrepreneurs. En l’occurrence 320 000 chefs d’entreprises adhérentes de la CPME, employant 5,5 millions de salariés, en métropole et en outre-mer.
Simplification de rigueur
En ce moment très particulier politiquement, il a d’abord évoqué un blocage évident jusqu’aux présidentielles sur le plan législatif, mais qui peut se contourner d’une certaine façon s’agissant de son grand cheval de bataille, la simplification, à travers les décrets, au niveau du pouvoir réglementaire. Cela étant, l’enjeu pour les syndicats et fédérations réside dans la préparation des sujets à mettre dans la balance des présidentielles dès septembre. « Est-ce que l’on va faire bouger les lignes ? Arriverons-nous à mettre de la rationalité économique dans le débat ? » s’est-il interrogé, fixant les priorités. « Le pire, dans notre pays le plus taxé d’Europe, est que les services publics se dégradent ». Mettre les idées du syndicat patronal au centre du débat, c’est, entre autres revendications, faire baisser les charges patronales en partie au profit des salariés qui mettaient auparavant 20 ans en moyenne pour doubler leur rémunération, contre 40 désormais, dans le meilleur des cas. Une vie professionnelle ! Sur 500 milliards d’euros de cotisations, l’ambition est d’en faire supprimer 100 milliards pour redonner du souffle aux entreprises et du pouvoir d’achat aux salariés, nerfs de la guerre de la croissance en France ! « Il faut changer de modèle, arrêter de taxer le travail ». Le système mortifère actuel et qui dure depuis trop longtemps, consistant à ajouter régulièrement 0,1% par-ci, 0,2% par-là, en se disant que c’est indolore, atteint ses limites. Le cumul devient indécent. « Si on ne change pas cela, on accélère le développement des travailleurs pauvres. Il y a 27 millions de travailleurs et les entrepreneurs paient pour 69 millions… ».
Souveraineté économique
Autre modèle mis en débat au début des échanges, celui de la médecine du travail sur lequel les avis divergent, les organisations aussi parfois (celle du Var a fait partie des pionnières il y a 83 ans). Croiser les regards aide souvent pour mieux comprendre et agir.
La place des femmes dirigeantes a ensuite été mise sur la table par Patricia Lassault, cheffe de file à l’UPV des Entrepreneures varoises engagées (EVE) et des femmes de la CPME Var. Le président de la CPME nationale a fait part du travail de fond effectué sur le sujet par son syndicat, y compris concernant la recherche de l’égalité des chances dans le financement des entreprises, indépendamment du sexe des dirigeant(e)s.
Chapitre différent de ce vaste tour d’horizon, avec Adam Aberbache, président de Mobilians Var, qui a rappelé les conséquences de la crise dans la filière amont et aval de l’automobile. Cela se traduit par des pertes énormes de ventes, d’emploi, encore 100 000 suppressions envisagées cette année, et de taxes pour l’Etat. A raison de 3 milliards d’euros en moins annuellement depuis 6 ans, cela se cumule à 18 milliards ! Si on ne change rien, on court à la catastrophe, a-t-il plaidé en substance, craignant la concurrence étrangère.
Amir Reza-Tofighi s’est appuyé sur ce témoignage pour rebondir sur la question de la souveraineté économique. « L’Europe est certes un lieu de libre-échange absolu, mais sans jouer les mêmes règles que les autres pays ». Autrement dit, le salut passera par la préférence européenne ou ne sera pas. En mettant juste en place comme « véhicule » commercial la règle de la réciprocité avec les pays tiers, tout change. La Chine et les Etats-Unis n’ont pas de problème de souveraineté automobile. L’Europe oui ! Et la France en rajoute une couche avec les interdictions de circuler qui se multiplient dans les communes pour les transporteurs et pénalisent une activité déjà en baisse, a fait une nouvelle fois le constat Jean-Marc Montagnac, secrétaire général de l’Organisation des transports routiers (OTRE) de Provence Alpes Côte d’Azur.
Déclassement par le logement
S’agissant de mobilité toujours, mais celle des salariés, Pierre Grech a abordé le problématique chapitre du logement, qui ne va pas se résoudre par les incantations actuelles du gouvernement après des années désastreuses. Commentant avec une réflexion étayée le sentiment actuel de « déclassement », il a évoqué « le logiciel mental à revoir », jusque sur la fiscalité, devenue confiscatoire. Le modèle social d’après-guerre ayant volé en éclats, l’heure est venue là aussi de changer de paradigme. Amir Reza-Tofighi a acquiescé, parlant de « grand oublié » de ces dernières années à propos logement et de la multiplication des contraintes/normes qui impactent la viabilité des constructions. D’autant que les délais d’instruction et de délivrance des permis de construire, toujours plus longs et plus complexes, comme l’a souligné Stéphane Benhamou, président adjoint de l’UPV, aggravent la situation.
Représentativité sur le terrain
Parmi les nombreuses thématiques mises en dialogue, figure la retraite, éminemment sensible, pour laquelle il apparaît à ses yeux inévitable de travailler sur les transitions, la capitalisation devant cheminer en parallèle du système par répartition à dessin de prendre le relais. L’avenir des Chambres de métiers et de l’artisanat aussi, défendu avec implication et passion par Valérie Marrone, leader de « Fiers d’être artisans » dans le Var et qui voit avec inquiétude, après la mutualisation régionale, s’en profiler une autre, ou plutôt une fusion avec les Chambres de Commerce et la potentielle tentation hégémonique de celles-ci. « Un artisan n’est pas un commerçant, chacun doit garder ses prorogatives », plaide-t-elle. « Qui fait quoi, quel est le projet, pour quel intérêt, quelle est la meilleure solution opérationnelle ? Interrogeons-nous avec la même exigence que dans nos entreprises. Soyons à la hauteur de l’enjeu », a rétorqué le président, en émettant le désir d’une grande évaluation commune préalable à toute prise de position.
En la matière, et comme il le réclame en permanence à l’Etat, la simplification est son mot d’ordre !
Par ailleurs, le président de la délégation UPV de Draguignan et du Haut Pays Varois, Philippe Favoroso, a soulevé au cours des échanges la question essentielle de la représentativité dans les territoires. Les élus syndicaux font certes le travail sur le terrain, mais comment faire le poids et montrer aux chefs d’entreprise qu’ils sont entendus en haut lieu ? « Prenons la parole sans tomber dans le piège de la monopoliser, en particulier dans la perspective des présidentielles », lui a répondu le président Amir Reza-Tofighi, expliquant que la CPME va lancer une plate-forme pour que les entrepreneurs puissent faire remonter les idées en permanence, entre autres façons de les faire vivre.
Histoire de trouver le juste équilibre entre porter à connaissance et porter la reconnaissance…
Etaient présents au siège de l’UPV les représentants de : Mobilians Paca, Fédération nationale transports des voyageurs Sud et Corse, Fédération hôtellerie de plein air - camping international, Fédération des entreprises de propreté Sud-Est, Union des métiers des industries de l’hôtellerie, Union des économistes de la construction Paca, Groupement hôtellerie restauration Paca, Fiers d’être artisans Var, Fédération du BTP Var, Fédération française des exploitants de VTC, Organisation des transporteurs routiers européens Paca, Fédération régionales Sud Méditerranée des entreprises de recyclage, Union nationale des entreprises de paysage, MEDEF Var et Sud Paca, CPME Var, UPV…
Prenons la parole sans tomber dans le piège de la monopoliser





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